AccueilDossiers › Succession d'un MRE au Maroc
Relevé le 4 août 202642 sources officielles citéesComment ce site est construit

Que devient le patrimoine d'un MRE au Maroc en cas de décès ?

En deux mots

Au Maroc, la succession d'un MRE suit le droit marocain pour tout bien situé sur le territoire, quelle que soit sa nationalité ou son pays de résidence. Les comptes bancaires sont bloqués au décès, le bien immobilier reste gelé à la conservation foncière, et la société continue de fonctionner selon ses statuts. Rien ne se débloque sans acte d'hérédité, établi par deux adouls et homologué par le tribunal.

Au Maroc, la succession d'un MRE suit le droit marocain pour tout bien situé sur le territoire, quelle que soit sa nationalité ou son pays de résidence. Les comptes bancaires sont bloqués au décès, le bien immobilier reste gelé à la conservation foncière, et la société continue de fonctionner selon ses statuts. Rien ne se débloque sans acte d'hérédité, établi par deux adouls et homologué par le tribunal.

Quels biens un MRE transmet-il réellement au Maroc ?

Un MRE laisse en général plusieurs catégories de biens au Maroc : un compte bancaire en dirhams ou en dirhams convertibles, un bien immobilier (appartement, villa, terrain), des parts dans une société marocaine, parfois un véhicule immatriculé localement, et du mobilier. Chaque catégorie suit un circuit de transmission distinct, avec un document d'ouverture et un organisme différents. Confondre ces circuits est la première source de blocage pour les familles.

Quelle loi s'applique quand le MRE vit et possède des biens dans deux pays ?

Pour un immeuble situé au Maroc, la loi marocaine s'applique automatiquement, quel que soit le pays de résidence ou la nationalité du défunt. C'est la règle du statut réel en droit international privé marocain. Pour les biens mobiliers ou les comptes détenus à l'étranger, c'est en général la loi du dernier domicile du défunt qui s'applique, ce qui peut créer deux successions parallèles pour une même personne.

Pour les MRE de confession musulmane, la dévolution des biens situés au Maroc suit le Code de la famille, dit Moudawana, dans son livre consacré aux successions. Les parts réservataires y sont fixées par la loi, pas par la volonté du défunt. Une convention bilatérale relative au statut personnel et à la famille encadre par ailleurs, entre le Maroc et certains pays d'accueil comme la France, la reconnaissance des actes et jugements, mais elle ne remplace pas la loi applicable au bien lui-même.

Comment se débloque chaque type de bien après un décès ?

Ce qui bloque un héritage marocain et l'acte qui le débloque, bien par bien
Type de bienCe qui se passe au décèsDocument requisOrganisme concerné
Compte en dirhamsBlocage immédiat à réception de l'acte de décèsActe d'hérédité homologuéLa banque teneur du compte
Compte en dirhams convertiblesBlocage identique, transfert vers l'étranger suspenduActe d'hérédité + justificatif de résidence des héritiersLa banque et l'office des changes
Bien immobilierInscription figée à la conservation foncièreActe d'hérédité + réquisition d'inscriptionANCFCC (conservation foncière)
Parts de société marocaineLa société continue son activité, les parts restent en indivisionActe d'hérédité + modification des statutsOMPIC pour l'enregistrement
Véhicule immatriculéCarte grise inutilisable au nom du défuntActe d'héréditéDirection des transports

Le testament change-t-il la répartition légale ?

Le Code de la famille autorise le testament, appelé wassiya, mais dans une limite stricte : un tiers du patrimoine, et uniquement en faveur d'une personne qui n'est pas déjà héritier légal. Au-delà de ce tiers, ou pour avantager un héritier réservataire, il faut l'accord unanime de tous les autres héritiers après le décès, ce qui n'est jamais garanti.

Pour un non-musulman propriétaire au Maroc, la question se pose différemment : le droit successoral marocain applicable dépend de sa loi personnelle pour certains aspects, mais l'immeuble reste soumis à la procédure marocaine de mutation. Dans les deux cas, un testament rédigé sans vérifier sa validité au regard du droit marocain risque d'être inapplicable, en tout ou partie.

Que peut préparer un MRE avant le décès pour éviter le blocage ?

Un point qui reste flou La fiscalité applicable aux droits d'enregistrement lors d'une mutation par décès dépend du lien de parenté et du type de bien. Le taux exact n'est pas fixé une fois pour toutes et doit être vérifié au moment de la mutation auprès de l'administration fiscale, pas anticipé sur la base d'un chiffre ancien.

Où vérifier par toi-même

Ce qu'on nous demande le plus

Un conjoint non musulman hérite-t-il d'un bien immobilier marocain ?
La question dépend du régime successoral applicable et de la situation matrimoniale exacte. C'est un point qui doit être vérifié au cas par cas auprès d'un adoul ou d'un notaire marocain, car les réponses génériques trouvées en ligne sont souvent incomplètes.
Que se passe-t-il si les héritiers ne s'entendent pas sur le partage ?
Le bien reste en indivision tant qu'aucun accord n'est trouvé. La sortie d'indivision passe par un partage amiable, une vente du bien avec répartition du prix, ou une procédure judiciaire si le désaccord persiste.
Un compte en dirhams convertibles est-il transmis comme un compte classique ?
Le blocage au décès fonctionne de la même façon, mais le transfert du solde vers l'étranger pour des héritiers non-résidents ajoute une étape auprès de l'office des changes. C'est un point souvent oublié dans les successions de MRE.
Faut-il un notaire marocain ou un notaire français pour la succession ?
Pour tout bien situé au Maroc, la procédure marocaine de succession s'impose, avec acte d'hérédité et homologation locale. Un notaire français peut intervenir en parallèle pour les biens détenus en France, mais les deux procédures restent distinctes.
La société de conciergerie continue-t-elle de fonctionner après le décès du gérant ?
L'activité peut se poursuivre si les statuts prévoient un mécanisme de continuation, mais les parts du défunt restent bloquées en indivision jusqu'au règlement de la succession. C'est pourquoi une clause claire dans les statuts évite l'arrêt de l'exploitation.
Combien de temps prend le déblocage d'un héritage au Maroc ?
Il n'existe pas de délai fixe et publié applicable à tous les cas. La durée dépend du nombre d'héritiers, de leur accord ou non, et de la complexité des biens concernés.
Les droits de succession existent-ils au Maroc ?
Il existe des droits d'enregistrement liés à la mutation d'un bien par décès, dont le taux varie selon le lien de parenté et le type de bien. Le montant exact doit être confirmé au moment de la mutation, pas anticipé sur une base ancienne.

À lire juste après

  1. L'héritage indivis, quand le bien appartient à tout le mondeLe bien appartient à tout le monde, donc personne ne décide. Comment en sortir.
  2. Le bien de famille qui ne rapporte rienUn logement vide onze mois par an : les quatre issues, et ce que chacune coûte.
  3. Loyer, salaire, pension, plus-value : le pays qui taxe en premier n'est pas toujours celui où vit le MRE. Le guide, revenu par revenu.Loyer, salaire, pension, plus-value : le pays qui taxe en premier n'est pas toujours celui où vit le MRE. Le guide, revenu par revenu.
  4. Ce que le compte en dirhams convertibles permet vraiment, ce qu'il interdit, et pourquoi ce detail bancaire change tout pour un projet au Maroc.Ce que le compte en dirhams convertibles permet vraiment, ce qu'il interdit, et pourquoi ce detail bancaire change tout pour un projet au Maroc.
  5. Créer une société marocaine depuis l'étrangerLe parcours de création, et surtout la question de savoir si elle est utile.