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Relevé le 4 août 202677 sources officielles citéesComment ce site est construit

Les petits-enfants dont le père est décédé héritent-ils du grand-père ?

En deux mots

Oui, mais seulement à travers un mécanisme précis appelé legs obligatoire. Prévu par le code de la famille, ce legs attribue aux enfants d'un fils ou d'une fille décédé avant son propre parent la part que ce parent aurait reçue, dans la limite du tiers de la succession. Sans cette règle, ces petits-enfants seraient écartés par un oncle ou une tante encore en vie.

Oui, mais seulement à travers un mécanisme précis appelé legs obligatoire. Prévu par le code de la famille, ce legs attribue aux enfants d'un fils ou d'une fille décédé avant son propre parent la part que ce parent aurait reçue, dans la limite du tiers de la succession. Sans cette règle, ces petits-enfants seraient écartés par un oncle ou une tante encore en vie.

Qu'est-ce que le legs obligatoire prévu par le code de la famille ?

Le legs obligatoire est un mécanisme prévu par le code de la famille marocain, qui ne dépend pas de la volonté du grand-père ni d'un testament. Quand un fils ou une fille meurt avant son propre parent, ses enfants reçoivent de plein droit une part de la succession, comme si ce parent avait été vivant au moment du décès. Ce droit existe même sans testament.

Sans cette règle, ces petits-enfants seraient souvent exclus : un oncle ou une tante encore vivant écarte, en principe, l'enfant d'un parent décédé avant le grand-parent. Le legs obligatoire corrige cette situation pour les familles où un parent est parti trop tôt, et transforme une exclusion automatique en un droit réel, que les autres héritiers ne peuvent ni refuser ni réduire à leur guise.

Quels petits-enfants ont droit à ce legs obligatoire ?

Trois conditions doivent être réunies. Le parent intermédiaire, fils ou fille du défunt, doit être mort avant lui et avoir laissé au moins un enfant encore vivant au moment du décès du grand-parent. Ces petits-enfants doivent aussi être écartés de la succession par un oncle, une tante ou un autre héritier de même rang que leur parent disparu. Le code de la famille traite la lignée du fils et celle de la fille de la même manière.

Comment calcule-t-on la part qui revient aux petits-enfants ?

On détermine d'abord la part que le parent décédé aurait reçue s'il avait survécu, selon les règles ordinaires de partage entre héritiers. Cette part théorique est ensuite comparée à un plafond : elle ne peut jamais dépasser le tiers de la succession totale. Si elle dépasse ce plafond, elle est ramenée au tiers. Si elle est plus faible que le tiers, c'est cette part réduite qui est retenue.

Un exemple chiffré du legs obligatoire Un grand-père laisse un fils vivant et un fils décédé avant lui, qui avait lui-même un garçon et une fille. Vivant, ce fils décédé aurait reçu, avec son frère, la moitié de la succession. Cette moitié dépasse le tiers, donc la part du legs obligatoire est ramenée au tiers de la succession totale. Ce tiers se partage ensuite selon la règle de deux parts pour un garçon contre une part pour une fille : le garçon reçoit deux neuvièmes de la succession totale, la fille un neuvième, et le fils vivant garde les deux tiers restants.

Quelles limites protègent les autres héritiers ?

Le plafond du tiers n'est pas la seule protection. Le legs obligatoire ne peut jamais dépasser la part qu'un héritier du même rang recevrait normalement. Ce prélèvement se fait en priorité, avant que le reste de la succession soit réparti selon les règles habituelles entre les autres héritiers. Ceux-ci ne peuvent pas refuser ce legs, mais peuvent, tous ensemble, accorder davantage aux petits-enfants concernés.

Cinq situations familiales face à la succession du grand-père, et ce que chacune permet réellement de recevoir
Situation du petit-enfantOrigine du droitPlafond applicableTestament nécessaire ?
Parent encore vivant au décès du grand-pèreAucun droit direct, tout passe par le parentPas de plafond propreNon, via le parent
Parent, un fils, décédé avant le grand-pèreLegs obligatoire automatiquePart du parent, plafonnée au tiersNon
Parent, une fille, décédée avant le grand-pèreLegs obligatoire automatique, même principePart de la mère, plafonnée au tiersNon
Petit-enfant sans lien direct, désigné par choixLegs volontaire ordinairePart disponible, accord des héritiers requisOui, écrit
Parent décédé, aucun autre héritier du même rangHéritage direct, pas de legs obligatoirePart calculée normalementNon

Comment une famille installée à l'étranger fait-elle valoir ce droit ?

La démarche commence par un acte de notoriété successorale, établi par des adouls puis homologué par un juge, qui doit mentionner chaque petit-enfant bénéficiaire du legs obligatoire, actes de naissance à l'appui. Un parent installé en France, en Belgique ou ailleurs n'a pas besoin d'être physiquement présent : une procuration authentique confiée à un proche ou à un avocat permet de représenter l'enfant concerné devant le notaire ou les adouls.

Le grand-père peut-il supprimer ce droit par testament ?

Non. Le legs obligatoire relève de l'ordre public : un testament qui l'ignore reste sans effet sur ce point précis. Même si le grand-père a légué son bien entier à une autre personne, la part des petits-enfants concernés doit être prélevée avant l'exécution de ce testament. Seuls les héritiers eux-mêmes, d'un commun accord, peuvent aller au-delà du minimum légal, jamais en dessous.

Le legs obligatoire n'est qu'une pièce du dossier successoral. Une fois les parts clarifiées, la famille doit encore transmettre le bien hérité, parfois organiser la scolarisation des enfants qui reviennent s'installer au Maroc, vérifier que la procuration donnée à un proche reste valable, ou prévoir un architecte si une construction est envisagée sur le terrain reçu en héritage.

Où vérifier par toi-même

Ce qu'on nous demande le plus

Le legs obligatoire s'applique-t-il si le petit-enfant est né après le décès du grand-père ?
Le lien successoral se fixe au jour du décès du grand-parent. Un enfant déjà conçu à cette date est pris en compte. Un enfant conçu après le décès ne peut pas prétendre à ce legs.
Un petit-enfant recueilli par kafala entre-t-il dans le calcul du legs obligatoire ?
La kafala, le recueil légal pratiqué au Maroc, ne crée pas un lien de filiation comparable à une adoption. L'enfant recueilli n'hérite donc pas automatiquement et ne bénéficie pas de ce legs.
Que faire si les autres héritiers refusent de verser le legs obligatoire ?
Ce droit relève de l'ordre public, il ne dépend pas de leur accord. Si un partage a été fait sans en tenir compte, les petits-enfants concernés peuvent le contester devant le tribunal compétent.
Le legs obligatoire peut-il dépasser le tiers de la succession ?
Non, par principe le tiers est le plafond légal de ce mécanisme. Il ne peut être dépassé que si tous les autres héritiers, majeurs, acceptent librement d'accorder une part plus large, ce qui reste rare.
Faut-il rentrer au Maroc pour faire valoir ce droit depuis l'étranger ?
Une présence physique permanente n'est pas obligatoire. Un petit-enfant installé à l'étranger peut agir par une procuration authentique confiée à un proche ou à un avocat, légalisée dans les formes exigées.
Le legs obligatoire concerne-t-il aussi les biens que le grand-père détenait à l'étranger ?
La succession se règle en principe selon le code de la famille pour l'ensemble du patrimoine, mais un bien situé ailleurs peut aussi relever du droit local de ce pays. Une vérification au cas par cas reste nécessaire.
Existe-t-il un délai pour réclamer le legs obligatoire après le décès ?
Le code de la famille ne fixe pas de délai propre à ce legs. Plus le partage est ancien, plus la démarche devient compliquée, car des biens ont pu être vendus entre temps.
Le montant du legs obligatoire est-il réduit si la succession a des dettes ?
Oui, comme pour toute succession, les dettes du défunt et les frais funéraires sont réglés avant tout partage. Le legs obligatoire porte sur l'actif net réellement disponible, pas sur la valeur brute du patrimoine.

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